Les supplices de la passion- Marc GOURAUD

51h9htefcxl._sy346_Les supplices de la passion, roman auto-édité par Marc Gouraud, avait été chaudement recommandé par Séverine de la chaîne Booktube il est bien ce livre, chaîne dédiée principalement aux thrillers. J’avais aussi lu et entendu de très bonnes critiques à son encontre. C’est pourquoi je me suis lancée dans ce thriller plutôt les yeux fermés. Malheureusement je ne rejoindrai pas les lecteurs pour qui cette lecture a été un coup de coeur. D’ailleurs, je serais curieuse de connaître le pourquoi d’un tel engouement.

Je suis assez embêtée parce que j’ai aimé le style de l’auteur. Il a, en effet, le mérite d’avoir réussi à sortir un thriller que j’appelle véritablement « turn-over ». Il tient le lecteur en haleine, laisse traîner des éléments dans le récit qui obligent à continuer. L’écriture est fluide, accrocheuse, pas de problème de ce côté-ci. Je remercie l’auteur pour avoir choisi comme lieu de l’action, la France et plus particulièrement la banlieue toulousaine, chose rare qu’il fallait préciser. Le lecteur est bien souvent habitué à des ambiances plus « américaines ». Pour finir, j’ai apprécié le psychopathe, enfin sa psychologie (parce que aimer un être aussi inhumain…il faut être détraqué comme lui). Attention aux âmes sensibles tout de même: les scènes de torture et de massacre sont très glauques, dures et réalistes…je suis certaine que toute femme lisant ce roman sera parcouru de frissons…

Malheureusement les supplices de la passion souffre de nombreux défauts. Commençons par le moins important: les coquilles, fautes de frappe et fautes d’orthographe (ex: saute au coup…) Pour un livre valant pas loin de trente euros, je trouve ça vraiment limite. Je n’ai également pas compris la façon d’amener les dialogues chez les différents personnages (un tiret où la personne parle, ensuite un autre tiret. Là on s’attend à ce qu’une autre personne prenne la parole mais non c’est toujours la même. Assez particulier).

Venons en aux deux points les plus dérangeants. Tout d’abord, le récit croule complètement sous une multitude d’allusions sexuelles en tout genre de scènes graveleuses. C’est sympa au début mais à la longue cela devient très lourd et agaçant. J’ai eu l’impression que tous les personnages ne pensaient qu’à draguer et baiser. Trop c’est trop. Le lecteur passe plus son temps à suivre des protagonistes soucieux de leur libido plutôt qu’une enquête sur des meurtres en série. Enfin, le point qui m’a gâché ma lecture: au bout d’une petite centaine de pages, j’avais deviné qui se cachait derrière le psychopathe. J’ai prié jusqu’au twist final pour que je me sois plantée, mais malheureusement ce ne fût pas le cas. Les cinquante derrières pages ont confirmé ma suspicion. Autant vous dire que quand je lis un thriller, je demande à être surprise, bluffée, vous comprendrez ma déception.

Un style d’écriture accrocheur et efficace mais de trop nombreuses digressions sexuelles et une trop grande facilité à découvrir l’auteur des crimes. Malheureusement les supplices de la passion n’aura pas réussi à m’emporter aux côtés de cette équipe de choc de la crim’ toulousaine. Dommage…